CLOTURE DE NOTRE SAISON DE TOURNAGE
C'est dans la vallée de l'Ubaye que nous poserons nos caméras et notre encombrant matériel pour ce tournage en résidence.

Il fallait bien que notre équipe en respirant l’air du temps décide enfin de tourner un film sur le thème de l’écologie, plus précisément de la nature, plus précisément encore de la forêt. C’est notre ami, Daniel Lambert qui propose un scénario, fidèle aux relances poétiques dont il est coutumier. Il accepte modestement un allégement de certains propos. Ce qui permet un abord plus facile de ce film idéaliste et engagé. L’action nous plonge dans le secret d’arbres sauvages, qu’un bûcheron illuminé fréquente amoureusement. Il y rencontre l’âme de la forêt.
Il y rencontre aussi une équipe de malfaisants qui ont besoin de vide pour créer un immense complexe touristique… et leur compte en banque.
L’affrontement est inévitable.
Cette fable se veut humaniste et optimiste… Une belle et bonne idée !

Le premier bonheur de ce week-end c’est qu’il nous a permis une plongée dans un mémorial complètement dédié au bûcheronnage à échelle humaine, et de toute l’activité liée à la scierie du village. Créée dans les années trente par deux cousins, dont l'un d'eux, au patronyme prédestiné. Monsieur TRON. Leur descendant entretient ce précieux patrimoine.

Gardien du temple sacré de la forêt, il nous a réjouit de ses souvenirs avec sa faconde et sa passion. Avec lui, nous avons imaginé l’incroyable défi pour ces bûcherons, nains et géants de la montagne, tractant les troncs immenses depuis la montagne jusqu’au lieu de découpe, sans aucune machine. Les flancs abrupts, l’accès à travers layons et broussailles ne permettaient l’accès à aucun engin.

Immergés au coeur de la forêt, nous avons déployé perche et caméra. Christian s’est métamorphosé en vieil homme des bois, hache sur le dos, un peu brut mais tout de tendresse pour ses arbres. Christine, dans un blanc fugitif incarnait l’esprit de la forêt. Les photos plateau de Claudine nous gardent en mémoire les moments forts de ce tournage… Et puis luxe exceptionnel, nos deux rippers, Max et Denis, muscles bandés ont courageusement trimballé notre matériel à travers les branchages et les troncs couchés. Jo y allait de ses conseils « jeu d’acteur » avec confiance et patience. Et Daniel réalisateur, à peine débordé par l’ambiance, a réussi à diriger ce tournage dans des conditions de bonne humeur remarquables.

Bien entendu l’équipe féminine, (Renée, Jo, Mariella) ont assaisonné tout ce travail de commentaires aussi joyeux que taquins… Quant à moi, fidèle au poste de scripte, j’ai réussi à pas trop me paumer dans mes papiers… Un peu quand même…
Aucun de nous ne vise la perfection, mais réaliser dans la bonne humeur et le sérieux… Nous savons faire avec nos moyens innés et ceux que nous nous octroyons pour réussir.