SOIRÉE PRODIGIEUSE À LA ROQUE D'ANTHÉRON
Comme chaque année depuis plus de 20 ans, cette belle soirée sera pour nous sous le signe du Festival Piano de la Roque d’Anthéron ; Hier soir c’était l’apothéose. ALEXANDER MALOFEEV.
Quel prodige ! Si jeune (25 ans) et si inspiré !
Sous ses doigts magiques, les sons volent. Ils sont égrenés avec une infinie délicatesse, puis les accords sont plaqués avec une rare énergie, puis une cascatelle nous donne envie de danser. Chaque instant de musique devient une vibration intime.
Il exprime sa jeunesse avec fougue, avec violence quelquefois, mais aussi avec tendresse et mélancolie. Complètement plié, le corps en vibrations. le nez sur les touches, sourire radieux aux lèvres, puis se redressant le regard lointain, puis soudain déterminé. Son visage est une partition ouverte. Le piano de Maloveev a du relief. L’homme est là, en présence et cependant oublieux du public suspendu à chacune des ses envolées ; et nous suspendus à ce fil invisible, on vit la musique.
Au programme ce soir là, entre autres, Schubert, Grieg, Rachmaninov et une musique plus actuelle d’un français qui m’a séduite, Arthur Lourié.
Mais la vraie formidable découverte : une série de 5 tableaux de Jean Sibélius qui évoquent la forêt : Quand le sorbier est en fleur-le pin solitaire-le tremble-le bouleau-le sapin.
Forcément si on me parle de forêt, je suis à l’affût. Et le piano d’Alexander MALOFEEV, il a la voix qui porte.