LES VOSGES SOUS CANICULE 2026

Court périple mi-juin, dans le Grand Est.

Première pause familiale toujours réjouissante chez Delphine, Denis et Clara, à Plombières. Maison d'un incomparable accueil dans une belle ville d’eau et de soin. (famille, que je vous aime)

Si prendre les eaux n’est plus de mode, le centre de cure se repense et mute. Les thermes, le casino sont en pleine métamorphose. Ainsi vont naître différents lieux culturels dans ces espaces chargés d’histoire. Car au XIXème de grands noms ont fréquenté ce monde. Ils y avaient leurs habitudes. Berlioz bien entendu, les Bonaparte, (Joséphine et Eugénie), Voltaire, les ducs de Lorraine, Montaigne, Beaumarchais (propriétaire de la papeterie locale). C’est là qu’à eu lieu la première représentation du Mariage de Figaro… 

Plombières d'hier et Plombières d'aujourd'hui sont à découvrir.

C’est tout un gala de notre histoire. Mais c’est aussi une ville magnifique, si petite, et si précieuse ; une perle en quelque sorte. Ici les maisons sont des manoirs enchâssés dans de petits jardins colorés. Les balcons qui surplombent le piéton rêveur, fer forgé finement ciselé, sont de véritables dentelles .

Quelle classe !

 

Question cuisine, la glace dite Plombière(s), n'aurait rien à voir avec ce berceau de Lorraine. Le nom serait associé à une glace parfumée au kirsch et à l'amande, (rien à voir avec l'amende, cette dernière nettement moins digeste) Cette crème glacée est truffée de fruits confits. Au XIXème on la fabriquait dans une sorte de sorbetière manuelle, appellée plombière (plomb+étain) d'où son nom. Glace que les pâtissiers Plombinois ont adoptée comme faisant partie de leur patrimoine. 

Plombières, est une ville reposante, ni agitation humaine, ni pollution de carburant, ni parasite d’aucune sorte. La forêt qui borde la route et sinue à n’en plus finir est un rempart formidable. On ne vient pas là par hasard.

- Dis Laurent tu seras pas jaloux si je t’avoue que je l'aime passionnément.

De saisissement Laurent lâche le volant,. Le petit camion en profite pour faire deux pneus de côté…

- Qui ça ?

Froncement de sourcils, pas un brin d'humour. Ainsi plus de 55 ans de vie commune et on en est toujours là. Alors j’éclate de rire…

- Mais non mon gros nigaud… (la, la, la, lère)… C’est la ville de Plombières qui me séduit, à chaque fois, de plus en plus…

Sourire de mon tendre ami,

- Ah oui, bien sûr. C’est une ville formidable. Moi aussi, j’aime bien...

Chers Delphine, Denis, Clara, vous n’avez pas fini de nous voir dans vos murs !

Et lui, non plus...

Après cette pause idéale, cap vers le nord

Météo du jour, 22 juin à 10h45- St Dié 32°- ciel éblouissant.

Nouveau séjour en totale relaxation chez ma sœur à Rambervillers. Ce sera encore une pause sous le signe de la zénitude. Vigilance rouge, hé oui, ici aussi. Baguenauder dehors en pleine canicule ?  Comme si ça pouvait nous traverser l'esprit !

On peut vivre intensément de l'intérieur. Vive les moments dégustatifs. Ce sera l’incontournable « tête de veau » de "Ramber"

C’est un mets fondant, tendre, délicieusement accompagné d’une sauce gribiche et pommes de terre délicates. Si, si, si, dans les Vosges on trouve des « patates » délicates, et bien d’autres délicatesses encore...
Imaginez l'incomparable bonheur de crapahuter dans les chaumes de myrtilles, de patauger sous les mirabelliers et quetschiers gavés de sucre de de saveurs. J'entends le bruissement des branches secouées par mes frères et la dégringolade des fruits qui me frappent la tête, le cou, les bras, tout le corps. Totale ravissement de jeunesse qui me traverse encore de frissons heureux. 

Nous reprendrons la route pour une petite heure à travers les immenses sapinières et prairies,  campagne chère à mon coeur. Une nuit au bord du lac de Longemer. L’eau, c’est magique pour équilibrer la température. En pleine journée elle affiche à peine 23 °. Le paradis en quelque sorte. Je parle de la température de l'air. Comme vous savez, pour l'eau je suis toujours en absence de maillot, donc interdite de baignade... Crotazut, alors !

- Dis Laurent, si on faisait un p’tit tour du lac, à peine 2km de longueur et 500m de largeur, un vraiment p’tit tour, à l’ombre en plus.

- Pourquoi, on n’est pas bien ici, au frais sous les arbres, calés paresseusement au bord de l’eau…

- Si on est super bien. T’as raison. Et puis j’ai de la lecture en retard, et puis des mots croisés aussi…

Une pause d'intense réflexion.

- Et puis quelques repères "coucounet" à noter dans mon cahier bleu.

Hé oui, vous êtes au coeur de mes pensées. Donc j'ai plein de bonnes raisons d'être débordée. Même pas le temps d’aller flâner dans ces lieux idylliques, dans cette eau si pure, si sage. C'est ballot hein !

Laurent plongé dans une partie sur Chess.com, lève le nez de sa tablette.

- Zut, tu m’as fait perdre ma dame… Tu disais quoi…

- Rien, rien, t’en fais pas. Joue et gagne !

Si, si, si, des fois, il gagne, lui !

Station obligée à Gérardmer, je suis une oniomane du linge de maison (oniomanie = frénésie d'achat). Je n'ai jamais assez de nappes, jamais assez de torchons ou de serviettes... Je parle même pas des draps... Lin Vosges est ma chappelle, j'y laisserai quelques offrandes et de bon coeur. N'hésitez pas à entrer dans ce paradis coton, si vous passez par là.
LV 

Nouveau cap, nouveau lac, celui de Kruth.

On se rapproche de nos amis de St Amarin, ceux de notre jeunesse. Étions-nous fous en ce temps là ?
Sommes-nous devenus plus sages ?

Bien entendu nous les rencontrerons. Une chouette soirée au camping, c’est rigolo de « recevoir » de cette manière quelque peu cavalière.

- Qu’est-ce qu’on apporte ?

- Rien, vous êtes invités... Enfin si, de quoi vous asseoir !

Le sens et la qualité de l'accueil des Haut-Rhinois nous combleront, car bien entendu, nous ne nous quitterons pas si vite. Un repas maison est programmé pour le lendemain à St Amarin. Quel sympathique moment.

Notre pèse personne au retour, ne pèsera personne, ce sera plus prudent. 

 

Cap Morteau. Nous retrouvons les paysages familiers de la vallée du Doubs. Nous circulons à travers une combe sévèrement bordée de hautes colonnes ou de falaises,  camaïeux de rose et de gris. Très élégant tout ça.

Nous approchons de Lausanne, de la foule qui déambule et des voitures cul-à-cul.  Faut sortir de là. 

Nous préférons nettement la clim du Petit Camion à la fournaise du trottoir.

D'abord, clouer le bec au GPS qui rabâche stupidement le retour à la normalité. Circuit aventure à nous trois !

Nous circulons à travers des quartiers très chics, maisons de maître, vastes parc feuillus, immenses piscines, larges avenues.

Un peu c'est chouette mais ça nous lasse. Retour au pays et en altitude de préférence.

Au camping municipal de Pontarlier, Il reste juste une place pour le Petit Camion . C’est un endroit fort sympa, de grands espaces séparés par des haies, des voisins discrets, des sanitaires au top… N’hésitez pas à vous y arrêter, mais surtout de réserver.

Nouvelle pause gustative, le Bleu de Gex, (fromage persillé, label AOC) moins puissant que le Roquefort, c'est une grasse délicatesse.

 Gex est une petite ville tranquille au coeur du Mont Jura. Son  camping « les genêts » aussi à retenir, qui affiche 2 étoiles mais dont le confort va bien au-delà.

Image d'un Laurent épanoui, dont je ne me lasse pas. Partageons avec lui, cet instant de liberté tranquille.

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