Un salon lyrique

Velaux, quel village ! Il s'y passe de bien belles choses. Comme ce salon lyrique ?  Vous avez déjà vécu ça chez vous ?

Salon Lyrique à Velaux from Laurent on Vimeo.

-bachianas brasileiras-suite n°5 de Villa Lobos (aria et danse)

Quand j'ai reçu l'invitation de  Magali, "concert domestique"  j'ai pensé tout de suite aux meubles et objets qui chantent et dansent dans "l'enfant et les sortilèges" alors vous pensez si j'ai embarqué Laurent à ce mini concert avec enthousiasme.

En plus c'était tout près de chez nous.

Dans la maison de Magali, un piano noir à queue faisait face à une trentaine de chaises sagement rangées en lignes dans le séjour. La plupart déjà occupées. Magali est venue face à nous, belle, en toute simplicité, suivie de son amie Soizic souriante et chaleureuse. Magali nous a annoncé un programme nostalgique, mais le premier chant leur a permis une entrée taquine, voire irrévérencieuse. Pas tout à fait l'idée que je me faisais de Gounod et d'une ambiance lyrique. J'ai adoré.

Que nous réservaient les Pucini, Mendelsson, Grieg, Rossini, Mozart et autres gens du monde classique ? Que du bonheur !

Mes oreilles n'avaient jamais fréquenté une voix soprano de manière aussi proche. Vous connaissez mon intolérance aux sons aigus ...   Alors j'avais quelque crainte. L'autre angoisse, c'était, de combien de degrés va se jouer l'écart entre le son juste et le son émis... La voix peut avoir vite fait de glisser, le trac aidant... Mon inquiétude n'a pas duré longtemps. Dès les premières envolées , la voix roulait, chantait, dévalait les notes et nous emportait.  Deux dames joyeusement accordées.

Elle est belle la voix de Souazic, tantot veloutée et suave, tantot angoissée ou torturée et puis de temps en temps, violente et outrageuse. Que d'émotions, que de douceurs ! Le piano bien posé, en soutien, en contrechamp, en question-réponse. En solo aussi. Oh c'était vraiment chouette.

J'ai découvert ce jour-là autre chose de formidable. Dans un concert, les artistes sont sur scène à des année lumières de specateurs plus ou moins somnolents dans leurs fauteuils. Quelquefois les artistes arrivent du fond de la salle, passent à travers le public. Ils nous efflleurent de leur mystère. Mais le concert, ils le font sur la scène et le contact reste très artificiel. Aussi sympathiques que soient les artistes, la magie de la proximité n'a pas lieu. La scène est toujours si loin des fauteuils !

Chez Magali, nous étions une poignée de personnes rassemblées par deux artistes. Nous étions là  pour partager avec elles un fort moment d'intimité.  Une démarche complètement gratuite. Elles étaient au choeur des spectateurs, dans le coeur des specatateurs. Je n'avais jamais vécu ça. Une belle qualité de musique, de la générosité, de la joie à profusion. Quel bon, quel excellent moment.

(faut que j'vous dise, Magali, c'est mon prof de piano depuis septembre, j'en ai de la chance hein !)                            mars 2017